02/07/2009

Virelles 1

Source du texte: http://www.aquascope.be/

Le domaine de Virelles, c'est avant tout un étang qui occupe la plus grande partie du site: quatre-vingts hectares d'eau libre qui en font l'un des plus grands plans d'eau « naturels » de Wallonie. Pas tout à fait naturel en réalité car il n'a pas toujours existé. Il y a bien longtemps, l'espace était occupé par une cuvette marécageuse traversée par quelques ruisseaux...

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Les Celtes et les romains les premiers, attirés par les richesses minières de la région, y développèrent la métallurgie qui prit son plein essor aux XVème et XVIème siècles. Quel lien avec l'étang de Virelles? L'énergie, bien sûr, qui était nécessaire au fonctionnement des forges et au travail du fer. Cette énergie, l'eau la fournissait à l'époque: la force hydraulique, développée par une chute d'eau régulière, faisait tourner une roue à aube qui actionnait soufflets et marteaux. Voilà pourquoi les exploitants de la forge de Virelles construisirent en 1580 un barrage en travers du ruisseau Nicolas situé au nord de l'actuel étang, de manière à créer un réservoir d'eau (« le vivis de Virelles ») d'une cinquantaine d'hectares. Vers 1750, une deuxième forge s'installe sur l'Eau Blanche ce qui a entraîné l'augmentation de la superficie du plan d'eau aux quatre-vingts hectares actuels. C'est ainsi que l'étang de Virelles est né.


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Usages anciens

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À la fin du XIXème siècle, l'activité des forges et des fourneaux est en déclin. En cause: l'épuisement des gisements, la surexploitation des forêts alimentant les forges en charbon de bois, l'apparition de la machine à vapeur, l'utilisation du coke... La retenue d'eau créée par les forgerons perd son utilité première mais acquiert progressivement de nouvelles vocations. Propriété des princes de Chimay, le site fut loué pour la chasse et la pêche. Les joncs et les saules bordant l'étang ont aussi fourni à une famille de vanniers les matériaux nécessaires au rempaillage des chaises et à la fabrication de paniers, de corbeilles et de nattes. Les roseaux trouvèrent aussi une utilité: fauchés par les habitants des villages avoisinants, ils procuraient des tiges vigoureuses utilisées pour la confection de toits, de huttes ou servaient de litière pour le bétail... Toutes ces activités anciennes, préindustrielles, artisanales ou agro-pastorales, ont contribué à façonner le paysage actuel de l'étang et à créer des habitats de choix pour plusieurs espèces d'animaux et de plantes remarquables.
Aujourd'hui, ces activités ont cessé et le produit de la fauche annuelle des roseaux reste sans utilisation. L'association cherche des valorisations possibles de cette matière abondante.

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Virelles plage

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L'avènement du tourisme de masse à partir des années quarante et jusqu'au début des années quatre-vingts fragilisa fortement les équilibres naturels du domaine de Virelles. Au fil des ans, des infrastructures d'accueil ont été construites, des plages pour la baignade ont vu le jour, le bord de l'étang a été bétonné pour faciliter l'accès au lac des barques, pédalos, voiliers et canots à moteur... Autant d'infrastructures, autant d'atteintes portées à la nature par les gestionnaires touristiques de l'époque. Le paroxysme fut atteint lorsque, dans les années septante, des herbicides furent déversés dans l'étang afin d'éradiquer la végétation qui entravait les activités nautiques. Résultat: disparition des plantes et des oiseaux, régression des roseaux et mortalité importante des poissons de l'étang.


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Le nouveau visage de Virelles

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En 1981, le site cherche un nouvel acquéreur. Divers projets de lotissements et d'aménagements touristiques voient le jour et menacent à nouveau l'étang qui, malgré les atteintes portées au milieu naturel par plusieurs dizaines d'années de tourisme à outrance, est toujours considéré comme une zone humide d'importance majeure en Wallonie. Trois associations de protection de la nature entrent alors en jeu: la Société d'études ornithologiques Aves, les Réserves naturelles et ornithologiques de Belgique (RNOB) et le Fonds mondial pour la nature (WWF) unissent leurs efforts pour louer le domaine. Le conseil de gestion du site naturel de l'étang de Virelles est ainsi constitué. Fortis (à l'époque Générale de Banque), sensible aux arguments des naturalistes accepte d'acheter en 1985 le site et de céder sa gestion aux trois associations par un bail emphytéotique de nonante-neuf ans. Épilogue heureux d'un parcours semé d'embûches...

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Un projet de taille

 

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Depuis le 2 avril 2004, le site s’est doté d'un projet de taille: celui de l'Aquascope. Ce projet a compris l'ouverture d'un Centre d'Interprétation de la Nature mais également la restauration des berges de l'étang. Aménagées pour les activités touristiques de l'époque, les berges de béton se révélaient fort peu accueillantes pour la faune et la flore de la réserve. Un remodelage complet en berges naturelles accentuant 'l'effet de lisière' (lagunes, îlots, berges abruptes) a apporté une croissance rapide de la variété d'espèces observées. Un pas en avant par un retour vers le passé en quelque sorte...

 L'Aquascope est un pari ambitieux: allier tourisme et protection de l'environnement. Il s'agit de garder l'affectation touristique du site mais de réduire son impact sur le milieu et de la mettre au profit de la sensibilisation.

Aujourd'hui, les services de conservation et de sensibilisation unissent leurs efforts pour contribuer tant que faire se peut à la préservation de l'environnement au sens large.