20/12/2011

Notre gouvernement belge nous trompe !

Il n'est pas dans mes habitudes de faire de mon blog une tribune politique. Cependant je ne cache non plus jamais mes engagements pour une société plus solidaire et plus sociale. Après plus de 500 jours sans gouvernement, je me suis réjouis comme la plupart des belges de la "bonne" nouvelle: un gouvernement était formé, la Belgique allait pouvoir se redresser.

Pourtant mon petit doigt me disait déjà qu'avec des libéraux qui ne criait qu'à la catastrophe, dans une Europe déjà ultra libérale (il n'y a plus ou quasi plus de pays avec un gouvernement de gauche), on allait sans doute encore essayer de nous faire croire que nous devions nous serrer la ceinture. Le PS est apparu comme un parti qui allait défendre les droits des moins nantis ! Là je me suis dis "mais que vont-ils faire dans cette galère ?" !!! Est-ce le rôle d'un parti de gauche de défendre ??? N'est-il pas plutôt d'attaquer et de proposer que seuls les mieux nantis supportent le poids de LEUR crise ???

S'il n'est plus possible pour les belges de choisir une politique, peut-être est-il temps de changer de système politique et la proportionnelle à la belge montre toutes ses limites. L'avantage des systèmes majoritaires à deux tours est de permettre à une population de faire des choix clairs ! On me dira que ce serait la fin de la Belgique ! Eh bien s'il n'y a plus moyen dans ce pays d'avoir une politique sociale, une politique de progrès des avantages sociaux payés par les mieux nantis, alors oui il faut peut-être en finir avec la Belgique.

Les organisations syndicales appellent à la grève générale des services publics ce jeudi. Ce matin déjà des cheminots ont décidés de débrayer. Soutenons-les, et n'oublions pas lorsque nous voterons encore quels sont les partis qui auront voté d'éventuelles mesures à charge de la majorité de la population.  Seule une augmentation forte de la fiscalité des plus nantis et des entreprises qui font des bénéfices est acceptable.

Mais qu'allait faire le PS dans cette galère !

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Communiqué de presse du Front commun syndical

Le Ministre Van Quickenborne lance une offensive contre les pensions du secteur public


En matière de réforme des pensions, le Ministre Van Quickenborne veut être rapide en besogne. Au diable les palabres. Hier, (jeudi 18 déc 11) en Commission des Affaires sociales de la Chambre, il a fait passer une série d'amendements à la loi portant diverses dispositions, loi sensée concrétiser une partie des réformes prévues dans l'accord gouvernemental. Ainsi, les réformes pourraient être votées la semaine prochaine au Parlement. Cette façon de faire est inadmissible. Le Ministre van Quickenborne prétend être ouvert au dialogue, mais ses actes prouvent l'inverse...

Van Quickenborne déclare, en outre, envisager à terme un régime unique de pension et, partant, la suppression des pensions du secteur public. Et ce, alors que le régime des pensions publiques est le seul régime légal à offrir, dans la plupart des cas, des garanties suffisantes au maintien du niveau de vie des retraités.

Il existe pas mal de malentendus à propos des grosses pensions du secteur public. Après retenue des cotisations sociales et fiscales, les pensions du secteur public se situent, pour deux tiers d'entre elles, entre 1.000 et 2,000 euros par mois. 15% de ces pensions sont inférieures à 1.000 euros et 17% dépassent les 2.000 euros par mois.

Au niveau européen, le ratio moyen de remplacement d'une pension pour un revenu moyen est de 61,6%. Ce ratio est le rapport entre la pension et le dernier salaire. Il s'agit donc d'un critère comparatif intéressant. En Belgique, le ratio de remplacement des pensions des travailleurs salariés n'est que de 42,60%. Bien en dessous donc de la moyenne européenne. Avec un ratio de remplacement de 63,2%, les pensions du secteur public se situent juste au-dessus de la moyenne européenne. Donc, pas de pension exorbitante dans le secteur public ! Au lieu des s'attaquer aux pensions du secteur public, le Ministre devrait plutôt œuvrer à l'amélioration du régime des travailleurs salariés.

Un salarié avec une pension complémentaire d'un revenu brut de 1968 euros touche en moyenne 1667 euros nets. Un agent du secteur public avec une pension de 2232 euros bruts, touche en net 1593 euros par mois. Les retenues se montent donc respectivement à 15,3% et 28,6%. La pension moyenne du secteur public est donc taxée presque deux fois plus que la pension moyenne du travailleur salarié composée d'une pension légale et d'une pension complémentaire.

Scolarité élevée
Un niveau de pension supérieur à la moyenne ne se justifie pas uniquement en raison d'un niveau d'études plus élevé du personnel, mais il est, par ailleurs, nécessaire si l'on veut continuer à attirer des personnes hautement qualifiées.

Inégalité des genres
L'inégalité au niveau des pensions des travailleurs salariés se traduit par un niveau de pension inférieur chez les femmes. Il s'ensuit que la pension moyenne est aussi plus basse. L'inégalité étant moins criante au niveau des pensions du secteur public, il est logique que la pension moyenne soit plus élevée.

Démantelement
L'attaque perpétrée à rencontre des pensions du secteur public n'est dictée que par un seul motif : le démantèlement de toutes les pensions. La pension du secteur public est le seul régime qui offre une protection acceptable. Les standards sociaux sont revus à la baisse. Et ce, au prétexte de garantir le système social pour les générations futures. Ce que le Ministre veut offrir en cadeau aux générations futures, c'est un système social tout rabougri qui, s'il sera effectivement moins 'onéreux', n'en sera pas moins injuste.



Face à cette attaque antisociale, le front commun syndical a sollicité d'urgence audience auprès du gouvernement et décidera, en fonction des réponses, des actions qui s'imposent.


Offensive
Le Ministre Van Quickenborne a lancé une offensive contre les pensions du secteur public. En conséquence de cela, tout le monde devra au moins travailler deux ans en plus et l'obtention d'une carrière complète, donc d'une pension pleine, prendra beaucoup plus de temps.


Il a en outre l'intention de retirer les droits à la pension conquis de tous les régimes spécifiques (d'après nos informations : ceux du personnel roulant des chemins de fer, de la poste, des administrations locales et régionales, de l'enseignement, de la police, des prisons et des militaires). Rappelons que ce personnel peut partir plus tôt à la pension en raison de la difficulté de ses conditions de travail.

Le Ministre peut certes annoncer qu'il n'augmente pas l'âge de la pension, cette affirmation est un leurre. La pratique montrera que bon nombre des personnes qui entament maintenant une carrière dans le système proposé n'arriveront pas à une carrière complète et ne pourront donc également pas bénéficier d'une pension complète. En touchant au crédit-temps et à l'interruption de carrière, la combinaison entre le travail et la vie familiale sans hypothéquer la pension va devenir complexe pour bon nombre de travailleurs des services publics. Les femmes en seront les premières et les plus importantes victimes. La cessation des deux régimes engendre une incertitude notoire et est un indice sérieux de l'existence de plans visant à licencier des centaines de contractuels au sein des services publics. Agir ainsi revient à faire passer un problème d'une branche de la sécurité sociale à une autre.

Ce qui nous touche violemment est le fait que le Ministre Van Quickenborne, pas plus que le gouvernement, ne prenne même pas la peine de consulter le personnel des services publics. Sinon, il saurait qu'il touche directement et irrévocablement beaucoup de personnes tant dans leur situation financière que dans leurs conditions de travail.

Les mesures de pension du Ministre Van Quickenborne indiquent sa méconnaissance totale des pensions ou du service public. Elles démontrent uniquement qu'il souhaite, coûte que coûte, éliminer, par une opération d'économies aveugles, le système social qui lui cause tant d'allergies.

Un communiqué à la presse plus détaillé et plus technique reviendra sur la volonté du Ministre Van Quickenborne d'aligner tous les régimes de pension, sur le régime le plus faible.